Il y a des gens qui ont des indignations sélectives. Moi, j'ai des indignations successives.
Guy Bedos

idées

société

humanités

sciences

être

moteur de recherche

éditorial

agenda

Photo choisie au hasard

lettre d'info

contact

à propos

à l'école du possible

enjeux

connaissances

possible en actes

Imprimer cet article

éditorial 2021

masque  Valabregue Antoine — 01/01/2021

 

L’année 2020 aura pour moi laissé des traces.

Essentiellement au niveau d’une profonde incommunicabilité doublée d’une violence certaine sur la question du Covid, et  secondairement autour de la terrible décapitation de Samuel Paty. Les ceux qui ne veulent pas des principes républicains sont encore nombreux et la naïveté de croire que le CFCM allait signer une charte est poignante.

 

Les apôtres la pensée unique, les évêques de la certitude  se sont bien portés en 2020. 

 

La violence, pour être honnête, je l’ai croisée à différents moments de mon existence.  

Dans les groupes politiques des années 60-70 où les staliniens exigeaient des autocritiques pour un oui ou un non, où les trotskystes apparaissaient comme des manipulateurs donneurs de leçons, où les situationnistes, sur la fin, se braquaient à coup de révolver, où les brigades rouges liquidaient un Aldo Moro, où le mépris et la non considération était patents chez certaines figures que je préfère ne pas nommer publiquement. 

Je l’ai recroisée avec les responsables de l’union des rationalistes, lorsque je me suis exprimé sur le Colloque de Cordoue, sur le réel voilé de D’Espagnat ou l’implicated order de David Böhm.

Je l’ai revécue lors de l’épisode de la mémoire de l’eau.

J’avais l’impression qu’elle s’était amenuisée, même si le sectarisme et la fermeture étaient patents sur certains sujets chez certains verts et dans une grande partie de la gauche.

 

Dès le début du Covid, l’exagération a été  tellement de mise sur tous les plans que je n’ai envie d’en reparler. Les scientifiques ont une responsabilité certaine sur la question, et pas que les réseaux sociaux qui paraissent de plus de plus des amplificateurs de l’immédiateté et de la pensée à court terme. Car ce qui est apparu nouveau c’est la suspicion contre une partie d’entre eux.

 

L’heure est à l’avenir et à se mouiller Après m’être battu pour parler des médicaments utilisés à bon escient pour réduire l’épidémie. La vaccination type ARN sans adjuvants et sans véritables certitudes sur l’immunité, n’est pas selon mon enquête susceptible de toucher l’ADN, il semble logique de la proposer massivement aux sujets fragiles et les plus de 60 ans. Le vaccin anglais est moins difficile à stocker que l’américain. L’idéal disait Axel Khan serait le vaccin classique chinois (avec quand même des adjuvants). Visiblement les français n’auront pas le choix.  Rendez-vous dans un an pour faire le bilan.


Au plan politique l’heure n’est absolument pas à l’optimisme dans le camp des écolos et de la gauche. Il n’y a ni cap large qui rallie, ni leader qui s’impose, ni méthode.  Les tentatives de faire émerger une primaire des idées, est une belle idée à rôder. Donc les pronostics d’une réélection de Macron à une beaucoup plus faible majorité qu’en 2017 sont non nuls. 

Au plan mondial, la Chine est devenue la première puissance, elle avance ses pions avec ses voisins et achète des ports entiers en Méditerranée, elle continuera les centrales à charbon au moins jusqu’en 2030. L’Europe est fractionnée et affaiblie par, le Brexit, la division en trois camps (l’est et le nord, l’axe franco-allemand et le sud), les GAFA n’ont pas été vraiment écornés. Certains pensent que les USA vont réussir à les démanteler, j’ai des doutes (sur leurs filiales, peut-être). Biden n’est pas encore sûr d’avoir la majorité au Sénat. Une nouvelle géopolitique semble se pointer au moyen orient Le nombre des femmes au pouvoir progresse  doucement, la moitié d’entre elles sont en Europe, plutôt du Nord. La victoire aux législatives de Jancintha Adern qui gère remarquablement bien le Covid est encourageante et à suivre de près, mais cela ne va pas changer la face du Monde. La moitié des régimes dans le monde sont des régimes autoritaires ou semi autoritaires  qui n’ont pas de soucis pour punir ou exécuter. Les démocratie les plus vertueuses ne représentent que 15R0des pays.
Les batailles pour des énergies propres sont loin d’être terminées. Des espoirs ont percé sur la fabrication d’Hydrogène facile, pas chère. Pas assez vite pour empêcher les scénarios à 4 ° de réchauffement de progresser.

De fait, les blocages persistent partout à grande échelle pour affronter les défis immenses dus au délire de croire pouvoir tout résoudre.  C’est à tenter de les réduire que je consacrerais mon énergie.

 

 

Commentaire(s)

C?cile L, le 02/01/2021 02:31:17

Pas une mince affaire, je dirais même un défi que de chercher à débloquer tout ce qui bloque ... quant aux "évêques de la certitude", bloqueurs de nature, comment les faire sortir de leur confort ? Ceci dit, évitons en effet de baisser les bras.

Mon premier vœu (et pas un vœu pieu, sinon c'est terrible ...) pour cette année, c'est qu'émerge enfin une gauche qui nous représente peu ou prou, une gauche qui du moins nous donne quelque espoir et envie de voter pour elle aux élections à venir. (voir échange sur l'un de tes postes fb d'il y a qq semaines) et cela aidera à nous donner de l'élan contre ceux qui ne doutent de rien, et rappelons à cet effet que l'immobilité c'est la mort et le mouvement c'est la vie.

Bonne année Antoine, j'aurais plaisir à te revoir.

Stef, le 20/02/2021 03:32:51

Beaucoup de sujets complexes. Le repli sur soi des diff?rents pays n'aident en rien ? am?liorer les choses.

J'ai cependant foi qu'au final de nombreuses actions imparfaites nous am?neront ? un r?sultat probablement pas exceptionnel mais acceptable.

Stef de peintre en batiment brossard

Benjamin Sisqueille, le 20/02/2021 11:39:29

Il y a un projet de l'humanité à l'œuvre, ce projet, ce "devenir machine", est extrêmement difficile à penser. En tant que metteur en scène, je constate par exemple que, dans cette crise qui est évidemment la continuation de la Krisis des sciences de Husserl, l'artistique mis en place par la gauche n'a été et reste la production de la bourgeoisie ( de gauche s'entend ) qui conserve les "valeurs" d'une vieille droite bourgeoise conservatrice, cette "gauche" ayant poursuivit l'oeuvre du capitalisme pour basculer vers le néo libéralisme actuel. Ce dernier produit en effet une destruction assez terrible des milieux pauvres, le covid vient à point, liquide des petites industries rachetées par les plus gros, et vivre en province de ce point de vue est édifiant. On ( cet obscur sujet du pouvoir ) nous prépare au réchauffement, qui, lui, va être très dur pour les très jeunes générations.

D'un point de vue de l'éducation, une rupture totale est opérée chez les jeunes générations ( de 0 à 20 ans ) avec une ancienne culture, et d'anciens apprentissages, pour déboucher sur une hyper connaissance des gestes éducatifs qu'impose désormais la machine-outil ordinateur. Un enfant de dix ans manipule parfaitement un objet hight tech.

Il est désormais inutile et ennuyeux de lire Goethe ou Rousseau, mais plutôt des avis des neurosciences qui mettent bien sûr le langage à la poubelle du fait que nous ne parlons plus que "nouvelles normes". Godard a sorti il y quelques années un film intitulé "la fin du langage". C'est de cela qu'il s'agit.

La politique dont tu parles Antoine, est d'un tout autre temps, et les tensions politiques actuelles ne restent à mes yeux, que des traces des siècles précédents.

Penser ainsi est vain. Revenir du côté du vivant est certes cruxial mais perdu. C'est le devenir machine qui est à l'oeuvre, et peut être n'est ce que l'ultime destin de l'humanité, une diaspora tentée vers les étoiles ?

Tu pense "simplexité", je pense "Anarchocomplexité et non anthropologochristocentrisme, comme dit Jaki ( Derrida )que tu as du mal à lire.

Je t'aime bien mon ami.