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La trifonctionnlaité au service de la prospective du siècle.

masque  Gaudin Thierry — 11/12/2015

 Cette méthode, nous l’avons utilisée, par exemple, dans le cadre de la préparation du dossier qui a été publié en 1990 chez Payot sous le titre 2100, récit du prochain siècle 53. Il s’agissait de faire une   description intelligible d’un scénario de l’avenir planétaire à échéance d’un siècle. La tâche était ambitieuse, c’est le moins qu’on puisse dire, et aussi incertaine. La trifonctionnalité nous a permis d’avancer sans hésitation. Elle nous a accompagné du début à la fin. Le plan de l’ouvrage s’en inspire : d’abord le concret, la technologie ; ensuite les relations, le comportement des acteurs, enfin les concepts structurants. Mais c’est surtout dans la progression du travail qu’elle a été utile : • Nous avons d’abord recueilli des données, c’est le pôle de l’existant, des faits, le travail du documentaliste. C’est évidemment la base de tout. Je vois, encore aujourd’hui, des exercices de prospective s’engager dans des délibérations, mobilisant des personnalités dites « de haut niveau », sans avoir fait le travail préalable de recueil de données. Le résultat est prévisible. Ces personnalités répètent ce qu’elles ont l’habitude de raconter, et il en sort une image de l ‘avenir insipide faite des poncifs du présent. • Puis, après seulement, nous avons délibéré, c’est l’interaction. Les chercheurs, spontanément, ne racontent pas tout, car ils craignent la critique de leurs collègues. La délibération permet alors d’en savoir davantage sur ce qu’ils pensent vraiment. Elle permet aussi de confronter les idées entre elles. • Ensuite, vint une période de retrait qui ne concerne plus qu’un petit nombre de personnes, une sorte de noyau analyseur, qui dégage les concepts structurants… Cette approche trifonctionnelle peut être utilisée de diverses manières. Elle est davantage, me semble-t-il, une attitude d’esprit qu’une connaissance démontrable. Elle est une manière de poser le regard sur les choses et sur les processus. C’est ce qu’on appelle un outil cognitif. ...

 

 S’appuyer dès le départ sur trois pôles au lieu de deux permet de se dégager de la pensée scientiste courante qui, comme une bonne partie de la pensée philosophique, est binaire ou bipolaire. Il y a le sujet et l’objet…  La dialectique hégélienne est un « outil cognitif » qui à sa manière permettait déjà de dépasser le schéma binaire (thèse et antithèse) en posant un troisième terme : la synthèse (Aufhebung). La trifonctionnalité est un autre outil cognitif qui est, si je puis dire, non pas en noir et blanc (comme l’outil hégélien) mais en couleur ! Les trois pôles (le factuel, l’affectif et la conceptualisation) sont de nature différente, comme s’ils étaient de couleur différente. • Le « factuel » est en noir et blanc, ou en brun, couleur terre ; • l’« affectif », en rouge, si l’on veut, une couleur forte avec de l’énergie ; • La « conceptualisation » est couleur de lumière, blanche peut-être ou soleil ; Elle est de l’ordre de l’illumination, Elle évoque la parole d’Héraclite : « La foudre gouverne toute chose »  Nous avons tous eu des petites illuminations, et c’est bien pour cela que nous avons une idée de ce que peuvent être les grandes illuminations…

Commentaire(s)

Antoine Valabregue, le 11/12/2015 18:31:49

Quelques pages auparavant Thierry exprime son intuition que les neuro- sciences mettrons à jour ces couleurs, qui pour moi sont des formes différentes et complémentaires de la réalité.

Le mode concret marche sur une temporalité immédiate suivant un axe visible invisible

Le mode affectif marche sur une temporalité comparative : vers où les choses évoluent.

Le mode conceptuel est sur un registre possible impossible et circonscrit un espace temps propre à chaque possible identifiée.

Chaque possible cerné créée une sorte de cadre transcendant au sujet au sein duquel sa liberté s'exerce dans la mesure ou il fait le nettoyage de ses automatismes.

Antoine Valabregue, le 11/12/2015 19:02:51

voici les r?f?rences du texte complet

https://www.2100.org/gaudin/wp-content/uploads/pdf/discours_methode_creatrice.pdf

Antoine Valabregue, le 17/12/2015 16:13:19

pour avoir le texte complet

https://www.2100.org/gaudin/wp-content/uploads/pdf/discours_methode_creatrice.pdf

Utilisateur Anonyme, le 13/09/2016 18:51:52

on disait dans les écoles : thèse anti-thèse, foutaise. Car bien évidement faire la synthèse était le travail difficile car jamais terminé - en quelque sorte l'in-conclusif créatif.

Pour abonder et si possible enrichir ce texte, je pense qu'il est important que chacun soit conscient de la méthode en 3 étapes plus ou moins chronologiques.

- 1 - Rassembler des données c'est tenter de s'approcher au plus près du réel - à jamais inaccessible - au sens non descriptible dans son entièreté. On peut parler de décrire les perceptions (points de vue) du réel.

- 2 - Avec ces données-faits extraire des lois des règles c'est à dire conceptualiser le réel afin de pouvoir en parler. Il FAUT interpréter ce que nous percevons du réel pour en parler, pour le comprendre. Le passage de la description brute au concept est indispensable pour 'manipuler' triturer le sujet. Sans cette conceptualisation on ne peut pas faire émerger d'objets de pensée.

- 3 - discuter entre personnes - entre points de vue conceptuels - de la chose pour établir une 'théorie' au sens produire du sens en articulant, hiérarchisant les concepts vus précédemment.

- 4 - Déterminer des actions, des 'événements' pertinents, des prévisions (objet de science) dans le réel. Il est indispensable de retourner au réel pour valider le conceptuel. Cette étape est la partie falsifiable (mise à l'épreuve des faits - du réel) et donc valide l'effort précédent.