L'évolution d'un être passe par un affranchissement le plus large possible de ce qui l'a déterminé - afin de déterminer lui-même sa vie.
Pierre Rabhi

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Vers un vivre ensemble écologique et multiculturel.

masque  monsieur Michu — 23/02/2015

Rassembler pour se donner les moyens d’une vie choisie, la plus épanouie possible, sans nuire aux autres et à la planète.

 

Dans un contexte de mutation du monde qu’on l’appelle société post industrielle ou de la connaissance ou de l’information, peu importe, mais où chacun sait plus ou moins bien que nous assistons à un bouleversement des façons de produire, de consommer, d’organiser notre vie personnelle et familiale, d’apprendre et de faire société autrement que sous la toute puissance de l’argent et du contrôle permanent ; nous devrions avoir le courage de proposer un chemin à la fois radicalement différent et prenant en compte les lourdes dettes qu’un mode de croissance, peu soucieux de ses effets sur le long  terme, nous a laissé.

 

Nous avons à fuir les solutions simplistes et incantatoires, à aller au delà d’une vision qui se contenterait de droits et de règles, pour mettre en avant les états d’esprits nécessaires pour du résolutoire jouant des singularités, des collectifs et des biens communs.

 

Ce chemin à élaborer devrait prendre en considération les limites des conceptions en œuvre depuis 2 siècles, limites qu’on pourrait résumer par une survalorisation  des procédures techniques pour palier les problèmes rencontrés.

Echapper à l’illusion du pur virtuel et s’ancrer sur des pouvoirs locaux à reconstituer pour permettre d’instituer, aux échelons  adéquats, ce qui est à  mettre en place en est la première pierre.

Il faudrait en outre viser, non pas la perfection, mais développer les capacités à s’auto réguler en traitant son propre rapport à la diversité et la finitude. Ceci permettrait, à terme, la réduction des dysfonctionnements matériels, psychiques et conceptuels.

En particulier, Il nous faudrait réduire nos peurs, combattre la suffisance, l’accusation de l’autre ainsi que la sous-estimation de nos responsabilités. Il nous faudrait aussi pouvoir parler de nos doutes, être de moins en moins prisonniers des images et de la finance.

Il nous faudrait inventer de nouvelles formes de démocratie, articulant démocratie représentative, directe et latérale, c’est à dire ce qui vient du bas du haut et du voisin.

Les questions ne sont plus seulement de l’ordre d’avoir le droit ou  dêtre informés (ni de la censure d’ailleurs) mais comment quérir les bonnes informations nécessaires à la solution de problèmes correctement posés.

C’est donc l’orientation générale de la politique qui est à revoir, non seulement les modes de désignation des représentants, mais l’instauration de réseaux faisant les liens avec les citoyens. Passer du « faire pour » au« faire avec ». Autour de questionnements :

 

Comment

  • Offrir à de larges couches de la population la possibilité de s’impliquer dans la gestion de la vie en commun, à toutes les échelles.
  • Etre en capacité d’intégrer les préoccupations des sujets et le traitement des contraintes, c’est à dire ce dont nous héritons.
  • Encourager une façon de faire qui n’aurait de cesse de dégager les accords pour mieux s’occuper du traitement des désaccords.
  • Discerner les échelles de temps nécessaires pour traiter des questions soulevées.

 

C’est le chemin du vivre ensemble écologique et multiculturel.

Ce chemin hérite de lourdes contraintes, aux  coûts exorbitants :

Dérèglement climatique, acidification des océans, déforestations massives, terres menacées d’infertilité, multiplication de produits toxiques issus de la chimie, pollutions croissantes, dont celles dues à un CO2 non absorbé, manque d’eau pour 1 milliard de personnes, épuisement des ressources de la planète, notamment certaines ressources rares, démographie mal contrôlée, migrations climatiques et politiques, surconcentration des richesses aux mains de minorités, fuites massives devant la fiscalité. non contrôle des grosses multinationales, (comme Google ou Monsanto), chômage massif croissant, territoires abandonnés, populations maltraitées non traitées, mutisme devant les pratiques de certains pays (Arabie Saoudite, US Guantanamo, Chine…)  pour raisons de réalisme diplomatique…

 

Tout ceci pourrait en décourager plus d’un, tant l’ampleur est considérable. Raison de plus pour nous pousser à identifier les priorités, les économies d’échelle et les modes de protection à adopter en première urgence. En travaillant par tous les bouts à la fois, le curatif, le préventif et le questionnement.  

 

  • On pourrait imaginer, par exemple, de privilégier ce qui contribue à la servitude volontaire,  d’opter pour cicatriser les maltraitances, les malveillances faites aux enfants,  de réduire celles faites aux parents, de proposer une vaste réforme de l’Education donnant une culture des interactions et de la responsabilité, une capacité à produire des consensus en repérant les dissensus, à extraire l’essentiel,  à prendre des initiatives, à capitaliser les réussites, à instituer des dispositifs de médiation, de remédiation et de régulations à tous les échelons
  • On devrait véritablement faire en sorte que tout le monde ait une place, un toit, de la nourriture et une formation
  • Quand oserons-nous proposer, un écart des revenus de 1 à 10 ? Qu’attendons-nous pour faire respecter l’intimité, donner le droit de mourir dans la dignité, supprimer les grands travaux inutiles,  mettre fin aux pratiques d’incitation et de soutien à l’évasion fiscale, stopper l’impunité des gens qui profitent de la dette, empêcher les cumulards, taxer les connexions sur Internet… ?
  • Mettre toutes ces questions dans la marmite pour créer une dynamique de rassemblement, au-delà des crispations souverainistes et égotiques, autour d’un fédéralisme à inventer.

 

Voici une tentative, fruit d’échanges sur un large arc, allant de la droite humaniste à la « gauche de la gauche ».  Autour de douze pôles, fruits d’une déclinaison des phases d’un processus vivant qui  pourraient constituer la charpente d’un mouvement digne de ce nom.

Merci d’en combler les manques.

Trois pôles, fondements de l’ADN

 

  1. Pôle des initiatives et réussites à promouvoir, encourageant le partage, l’équité et la responsabilité. Mettre à disposition des habitants, les «  bonnes nouvelles », les actes généreux de la planète. Permettre d’avoir un lien pour recevoir ces nouvelles sur le portable.  Vers une économie de l’attention qui réduit les charges inutiles et  promeut le durable. Réduire les tracasseries pour créer son emploi. Simplifier de code du travail. Interdire l’obsolescence programmée. Afficher les coûts réels des produits. Encourager les biotechnologies de la réparation. L’autonomie alimentaire en légumes et en protéines végétales des villes. Faire adopter principes de l’économie circulaire.
  2. Pôle de la résilience locale, encourageant les liens interculturels, le dialogue intergénérationnel, l’autonomie en  légumes, l’eau de qualité, utilisant les compétences des séniors, commençant à  détecter et réduire les maltraitances, à s’occuper d’insertion,  incitant à réparer les objets, à consommer de façon plus intelligente, à intervenir sur les insécurités, à promouvoir la connaissance de soi, à échanger sur les difficultés rencontrées, à inciter à réduire les souffrances et les dépendances…Implanter en 10 ans, une maison de la bienveillance locale par fraction de 5000 habitants, et mieux utiliser les lieux publics.
  3. Pôle de l’information et de démocratie citoyenne  sur 4 niveaux d’espace (local, régional, national-Européen, mondial et trois temporels du court, moyen, long terme grâce à une identité numérique garantie, par l’intermédiaire d’un média public spécifique dédié à cela. Limiter tout de suite  à une fois, la réélection  par paire H/F des élus. Prévoir le reclassement en fonctionnaire de la catégorie A, si difficulté à retrouver du travail.

 

Trois pôles, fondements de la maturation.

 

  1. Pôle  du logement, des territoires et des transports publics, chargé de  réduire drastiquement les coûts inutiles et la pollution. Dé-diélisation, végétalisation des routes. Réduire et trier les déchets, minimiser les dépenses de chauffage (diminuer les impôts pour ceux qui font des efforts). Repenser les modalités  de livraison des marchandises. Encourager la location généralisée responsable, pour avoir un logement adapté aux évolutions. Financer la mise aux normes des anciens bâtiments. Dé carboniser et dépolluer les transits en centre–ville.
  2. Pôle de la santé publique incluant l’hygiène du corps, contrôlant l’agriculture, encourageant les médecines qui vont au delà des symptômes.  Mettre en place une véritable agence publique pour les usagers, financée par l’industrie pharmaceutique. Expertise indépendante des médicaments, vendus à l’unité. Incitation à la mutualisation des baisses de prix. Réorienter la médecine de ville vers les actions de prévention et de santé publique (en rendant obligatoire de participer aux opérations collectives d’hygiène et de santé publique). Supprimer les consultations privées dans les hôpitaux.
  3. Pôle chargé des questions de  sureté, incluant la sécurité, l’armée, les renseignements, la police, les éducateurs de rue. Affichant des objectifs clairs, évalué périodiquement.

 

 

Trois pôles, constitutifs des questionnements opportuns.

 

  1. Pôle de la justice et de la justesse  chargé de simplifier les lois et les procédures de réparation, de réformer le droit du travail en fonction de l’évolution des activités dans la société qui s’édifie, de "Dé judiciarisant" un certain nombre de contentieux, de créer un contrat simplifié unique de travail  donnant  des garanties évolutives avec la durée passée sous contrat, de  rendre possible le partage entre plusieurs employeurs et de tout faire pour une véritable représentativité des salariés.
  2. Pôle des mutations à entreprendre pour faire face aux  défis climatiques,  énergétiques, écologiques, aux dictats de la finance etc…Programme massif de réduction des consommations d’énergie et de stimulation de l’économie non carbonée. Remettre à niveau des systèmes de fixation du coût du carbone et extension du périmètre des permis d’émission, à l’industrie aéronautique, aux transports terrestres, au secteur de la construction. Vers la production de sa propre énergie !
  • Pôle du  futur chargé des investissements à long terme et  de faire des économies d’échelle. Interdiction de l’obsolescence programmée Instituer un impôt à la source, progressif fusionné avec la C.S.G, une TVA écolo proportionnelle aux nuisances et un rééquilibrage des impôts locaux. 

 

Trois pôles, fondements de la régulation.

 

  1. Pôle des  règles lié à l'Europe, à la mondialité, en charge des relations internationales. Chargé de rendre accessible les décrets, facilitant les échanges. Mettre la connaissance des critères de la diversité au cœur de la République (rapport au groupe, à la langue, au féminin, au collectif, au sacré, à la civilité, à l’autre, à la fraternité, au geste, à l’odeur, au temps,..).
  2. Pôle de la formation, de la culture  et des modalités du vivre ensemble. Eduquer à penser, ressentir et faire. Transmettre confiance, sens critique, goût du risque et art d’affronter l’imprévu. Autour d’un contenu partagé minimum, équilibré sur ce qui relève  du passé, du présent et du futur. Pour de futurs adultes capables d’assumer leur existence, de s’occuper  de leur santé et des générations futures, de travailler en réseaux, de faire la cuisine, de bricoler, d’improviser, et d’inventer dans un pays respectant toutes les croyances et faisant respecter un espace public neutre.  Instituer comme fondamentale la connaissance de ses talents et faiblesses pour mieux accueillir la différence des autres, et tout ce qui  réduit agacement et victimisation. Redonner du pouvoir aux équipes ayant des projets. Mettre à la portée de toutEs  un éventail des formes d’art à travers le temps et l’espace. Reconsidérer les jours fériés pour tenir compte de la mixité culturelle.

 

  1. 3.    Pôle de l’utilité publique et des biens communs. Revenir à des régies publiques de l’eau, l’électricité (facilitant la construction de réseaux alternatifs de distribution gérés par des groupes de citoyens), finances, santé, pharmacie humaine et animale, phytosanitaire, éducation, assurances contre  les risques de la vie, réseaux d’informations. Faire fonctionner les modalités de la gouvernance des biens communs à partir des personnes.

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