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conseils pour sortir du nihilisme islamique

masque  Einthoven Raphaël in Philosophie Magazine (cité par à l'école du possible) — 23/02/2015

Comment aider l’Islam à guérir de l’impiété qui le hante, comme elle hanta les deux autres monothéismes avant qu’ils n’abjurent l’absolu pour s’inscrire, à peu près, dans le moule républicain ?

S’adresser aux indécis, dissiper les amalgames et fuir autant la compagnie de ceux qui tiennent l’Islam pour une religion barbare que ceux qui, musulmans ou non, prennent pour du racisme ce qui relève de l’humour.

Rappeler inlassablement que le blasphème n’est pas un délit et que son acceptation est une condition de l’acceptation républicaine.

Dire et répéter que les dessinateurs de Charlie Hebdo ne sont pas plus islamophobes qu’ils ne sont antisémites, car il y a une différence fondamentale entre se moquer d’une religion et le fait de stigmatiser une communauté.

Enseigne à qui veut l’entendre que la foie n’est pas un savoir mais un espoir, et que « croire » en Dieu consiste à douter en Dieu, sous peine de convertir la croyance elle-même en un dogmatisme aussi teigneux qu’incrédule.

Récuser inlassablement, en France, comme dans le monde arabo-musulman, une lecture littérale des textes sacrés, qui, les prenant aux mots, exhume opportunément, dans la sourate qui convient à sa haine, le commandement de tuer au nom du tout puissant : le Coran n’est pas moins que la Bible, un recueil de métaphores er de paraboles qu’il est passionnant d’interpréter mais dangereux de lire au pied de la lettre. A cet égard, et à titre d’exemple, comment faut-il entendre l’antique « Tu ne tueras point » ? Comme un commandement ou comme un constat ? Si c’est un commandement ( ce qu’une lecture littérale invite à penser) alors c’est une injonction stérile et constamment bafouée. Mais si c’est un constat ( ce qu’une interprétation du texte permet d’envisager comme hypothèse de travail), alors « Tu ne tueras point » signifie simplement, en la circonstance, que même si tu exécutes les hommes  qui la défendent le mieux, ton geste ressuscite et affermit la liberté qu’il prétend enterrer.

Commentaire(s)

JM Quairel, le 03/03/2015 10:15:27

Rappeler peut être aussi que l'humour et la dérision , sont une source d'unité commune à tous les hommes ....C'est une grande chance d'avoir la liberté de "se moquer" de soi même et de l'autre aussi ; nos amis musulmans devraient comprendre que c'est un moyen très puissant pour maintenir ce qui est différent dans ce qui est commun , pour nous maintenir ensemble dans l'aventure humaine : Le rire est insupportable pour tous les intégristes religieux, car ils savent bien qu'une communauté qui rit est inaliénable ; Ils partagent cette terreur avec les totalitaristes de tous bords et fabriquent ainsi le "terrorisme" . Mais qui saura la terreur qui s'empare de l'homme , au moment de mourir, en prenant conscience qu'il a vécu sans connaitre l'humour et le rire ?

Je ne pense pas que la promesse d'une vie paradisiaque, après la mort , même agrémentée de 72 vierges , puissent compenser cette angoisse ! Et son âme va errer pour l’éternité en alourdissant le malheur du monde ....