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Avec quel esprit enterrer nos amiEs de Charlie Hebdo

masque  Valabregue Antoine — 10/01/2015

Mes amiEs,  qu’ils soient morts comme Bernard  Maris et Elsa Cayat ou  grièvement blessés comme Fabrice Nicolino, nos amiEs, nos frères, nos sœurs,  sauvagement kalachnikovés, le mercredi 07 Janvier 2015, méritent de notre part plus qu’un recueillement derrière des gens qui les ayant combattus cherchent à récupérer la chose.

Ils ont été explosés,  froidement par des fanatiques, qui sont en guerre contre les opposants au fascisme islamiste.

Nous avons sous-estimé  et la menace et leur influence auprès de certaines fractions de la population.

Pour autant, nous ne sommes pas en guerre contre eux.

Est-ce par naïveté ou par incapacité de faire face, ou  par calcul cynique de la part d’un  pouvoir largement discrédité ?

Peut être tout cela à la fois ? il faudra surement se pencher sur la question, et aujourd’hui  nous devons  les enterrer  avec dignité.  Et rappeler certains principes pour honorer leur mémoire.

La France est un pays non totalitaire qui laisse la liberté d’expression sous le contrôle de la justice, qui elle, n’a jamais condamné Charlie pour ses dessins.

Toute tentative de justifier, ne serait-ce qu’une demi seconde, une telle barbarie, revient à nier cette liberté et à faire le jeu de la folie destructrice. Ne pas se mobiliser est une lâcheté.

Personne n’est obligé d’acheter Charlie Hebdo, d’aimer Charlie, ni aucun journal d’ailleurs.

D’aucuns estiment que certaines caricatures sont des appels à la haine. Sur quoi se fondent-ils ? Lorsqu’il y a déjà eu des centaines de milliers de victimes des fous de dieu de part le monde, dessiner un barbu qui se prend pour le prophète avec une bombe est une simple réalité. Idem sur les viols à répétition de femmes et les caricatures en conséquence.

Tout au plus, elles  peuvent ne  pas être considérées comme drôles.

Si nous voulons réduire la haine, cela ne peut pas  non plus prendre le voile de la lutte contre l’islamophobie,  qui est une  façon de ne pas regarder la réalité en face, portée par des gens qui font,  par exemple, des meeting avec Tariq Ramadam qui appelle ouvertement à frapper tous les opposants à l’Islam. 

A tort ou à raison, des gens ont peur de ce fanatisme.

Laisser dire  que le fanatisme armé, certes ce n’est pas bien, mais que cela peut s’expliquer, est insupportable. C’est pourtant ce qui  se passe encore dans trop d’endroits. Comme le montrent des témoignages d’enseignants ou des communiqués du culte tunisien par exemple.

Et qu’en aucun cas,  cela puisse servir de caution pour  une quelconque exaction sur la planète commise par d’autres intégrismes.

Qu’au moins nos amiEs ne soient pas morts pour rien !

Commentaire(s)

Utilisateur Anonyme, le 10/01/2015 15:07:02

De tout coeur avec ce billet qui dit le principal en quelques lignes.

Non le fanatisme ne peut s'expliquer il ne peut que se combattre et les armes sont avant tout la libre expression, le blasphme en fait partie. Ne rendons pas ces armes!

" Qu'au moins nos amiEs ne soient pas morts pour rien! "

lionel, le 10/01/2015 15:18:07

Ils se moquaient de qui, sinon de ceux qui s’exhibent ?

Religion et croyance sont du domaine personnel

Ont à craindre la critique ou la satire que ceux qui prohibent

Ils ont fait contre les extrêmes une lutte universelle

En ont supporté toutes les vicissitudes

Dans leur lutte pour les libertés

Incomprise de certains enfermés dans leurs certitudes

Et voulant imposer leurs pensés, croyant détenir la vérité

Contre tous les abus ils ont été les résistants

Ils s’exprimaient contre la pensée unique

Du pluralisme ils étaient partisans

Et l'exprimaient par leurs talents volcaniques

Nous resteront admiratifs

Et les garderons en nos mémoires

Avec un seul objectif

De garder l’homme en espoir

Jean marie Quairel, le 10/01/2015 17:08:21

Les enfants ne naissent pas "fanatiques" ou "intégristes" , ils le deviennent : C'est une construction mentale pathologique dont une des caractéristique est de ne pas supporter le rire , l'humour et la dérision et dont les racines se nourrissent dans la désespérance sociale et culturelle et dans l'exploitation des êtres humains.....Tes amis de "Charlie" ne seront pas morts pour rien , si , non seulement nous combattons sans états d’âme le terrorisme , mais aussi , si , en même temps , nous revenons aux sources de l'idéal Républicain et laïque : Une bienveillante exigence ......Et ça commence à l'école .

Mazdek, le 11/01/2015 00:13:31

Tuez les tous !

je veux bien qu'on décapite nos ennemis comme ils décapitent nos amis;

mais cela n’empêchera pas la répétition des tueries.

pour encore plusieurs générations les exclus de nos sociétés

ceux qui n'ont pas d'avenir

ceux qui n'ont pas été à l'école

ceux qui ignorent l'histoire de notre pays et des guerres passées

ceux qui ne savent ce qu'est la liberté de la presse

ceux qui n'imaginent pas que les femmes puissent être les égales des hommes

reviendront de plus en plus nombreux nous tuer dans nos petits lits douillets.

et nous n'y pouvons rien, car ils ne sont que la fumée du feux des inégalités

tant que pour des raisons égoïstes nous ne seront pas en mesure de réduire drastiquement les inégalités et de ré-introduire un peu d'humanité dans nos cités

il ne faudra pas s'étonner de voire les barbares monopoliser l'actualité.

il est temps de comprendre que nous ne pourrons pas nous protéger des assassins et autres fous de dieu en faisant de nos démocraties des régimes policiers plus ou moins corrompus

seule la réduction des inégalités aujourd'hui permettra demain de revenir à la paix civile

plus tôt les gouvernements en prendront conscience moins il y aura de morts

mais pour cette génération il est déjà trop tard

les loups sont entrés dans la ville et ils sont beaucoup trop nombreux

nous n'avons plus le choix

nous ne pouvons pas les ré-intégrer socialement

nous n'en avons ni les moyens financiers ni la volonté

si nous ne voulons pas mourir demain

il faudra tous les tuer comme hier

François, le 11/01/2015 00:50:51

Ma fille m'a rapporté la teneur du seul débat qu'elle a eu avec un prof dans son lycée (a vincennes) ou la discussion à porté uniquement sur les caricatures de charlie, elle c'est retrouvé la seule a défendre leur humour, la plupart des élèves trouvant que c'est au minimum irrespectueux, les autres (y en avait ils?) se taisaient.

Elle s'est rendu compte aussi que le second degré n'est pas accessible a tout le monde, même quand elle expliquait le sens du dessin.

Elle c'est fait traiter de raciste car elle défendait les caricatures.

Certains dans son lycée disent même sans se cacher que c'est bien fait pour les dessinateurs de Charlie.

Pas de discussions sur le sujet avec les autre profs, même les profs d'histoire, on dirait qu'ils ont peur d'aborder le sujet.

Si elle avait été dans une ZEP, Je lui aurai conseillé de faire attention a ce qu'elle allait dire.

Il y a du boulot d'éducation a faire ...

Utilisateur Anonyme, le 11/01/2015 10:23:02

La chose qui me parait en notre pouvoir c'est de réduire la complicité sous de multiples formes aux fanatiques. Chacun avec les moyens qui lui semblent le meilleur. Reste à traiter la question quoi faire pour redonner le goût du rire ? Il me semble qu'il n'y a guère d'autre moyen que de partir de la personne, de lui faire prendre conscience de quoi est fait sont rire, le rire, en quoi comme disait Umberto Ecco il est lié in fine à la mort et lui faire remarquer que les caricatures ne dérogent pas à ces principes.

AV

elisabethgtorr?s, le 05/02/2015 22:14:32

Que penses-tu Antoine des femmes fran?aises (qui se disent de "gauche") qui partent aux Etat-Unis pour acheter des maisons dites "subprimes" ? bas prix pour les restaurer et les revendre plus ch?res ?videmment avec une belle plus-value ? la cl??