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Jules Ferry 3.0

masque  conseil national du numérique (cité par à l'école du possible) — 07/10/2014

Dans le sillage de ses travaux sur l’Inclusion numérique, le Conseil national du numérique a constitué fin 2013 un groupe de travail dédié à l’éducation dans une société numérique, composé de Sophie Pène, membre pilote, Serge Abiteboul, Christine Balagué, Ludovic Blecher, Michel Briand, Cyril Garcia, Francis Jutand, Daniel Kaplan, Pascale Luciani Boyer, Valérie Peugeot, Nathalie Pujo, Bernard Stiegler, Brigitte Vallée. Ce rapport est le fruit de long mois de travail au cours desquels plus de cent personnes ont été rencontrées, de nombreux rapports ont été parcourus, de riches échanges et d’intenses réflexions ont eu lieu. L’Education nationale a été a été comparée à d’autres administrations, l’Ecole de la République examinée à l’aune d’autres modèles, privés, étrangers. De ces efforts d’observation et de compréhension, il reste deux constats essentiels. Non, l’Education nationale n’est pas le lieu de tous les conservatismes. Dans les classes françaises, des élèves sont attentifs à des professeurs qui cherchent sans relâche les meilleurs chemins, des exercices imaginatifs excitent leur désir d’apprendre. Ces professeurs sont par ailleurs remarquablement formés et d’un haut niveau culturel, du primaire au lycée. Et pourtant, le système scolaire ne va pas bien. Fondé sur l’égalité, il produit plus d’inégalités scolaires que la plupart des pays de l’OCDE. Valorisant la réussite, il abandonne 20R0des élèves à l’échec. Plutôt satisfait de lui-même, il remarque peu que beaucoup d’élèves perdent leur motivation à apprendre. Pourquoi un tel contraste entre l’investissement passionné des professeurs et la réussite modérée du système ? Et si le numérique ne constitue pas la réponse à tous les maux, comment peut-il contribuer à réduire les inégalités scolaires ? Peut-il améliorer la qualité des cours et des apprentissages, tout en rendant la vie scolaire plus agréable ? Quand on dit « numérique », la plupart des gens voient un ordinateur. Il faut aussi y voir un changementdans les savoirs, l’avènement d’une société de la question plutôt que de la réponse. Avec une école qui propose une organisation plus horizontale, plus coopérative, plus solidaire, plus créative. Avec ce rapport, l’ambition du Conseil est de décrire cette vision de l’école d’un monde numérique en devenir, affrontant l’épreuve d’une société en pleine mutation, et de proposer les « chemins praticables » pour y parvenir. Les recommandations qu’il porte ont été pensées comme des pistes d'actions de court et de moyen termes pour redonner du sens à l'Ecole dans la transition numérique. Synthèse Synthèse 5 Nos propositions pour bâtir ensemble l’école juste et créative du 21e siècle s’articulent autour de deux grands axes. Ce qu’il faut enseigner et comment : informatique, littératie, humanités numériques. Comment redessiner le tissu éducatif : école en réseau, nouvelles industries de la formation, recherche, startups, etc. 1. Enseigner l’informatique Il est ici question d’enseigner la pensée informatique pour mieux comprendre le monde numérique qui nous entoure et être pleinement un citoyen actif dans la société. Il s’agit aussi d’envisager l’enseignement de l’informatique comme une opportunité pour introduire de nouveaux modes d’apprentissage à travers des expériences, en mode projet, par essai-erreur. La condition est la formation d’un corps d’enseignants en informatique par la création d’un Capes et d’une Agrégation d’informatique. 2. Installer à l’école la littératie de l’âge numérique La littératie numérique, c’est non seulement des savoirs, des compétences mais aussi des méthodes qui font qu’un individu peut être acteur de sa vie dans une société numérique. Ancrer l'école dans cette dynamique, c'est inviter les élèves à participer à une culture et à une économie, fondée sur l’échange des savoirs, la coopération, la création. 3. Créer un nouveau bac généraliste, le bac HN Humanités numériques Ce nouveau bac s’inscrirait dans son époque. Il reflèterait l’aventure de la jeunesse et revitaliserait les études secondaires avec la création numérique, le design mais aussi la découverte des big data, de la datavisualisation, des métiers informatiques et créatifs. La mise en œuvre de ce bac pourrait démarrer très rapidement avec des lycées volontaires pour l’expérimenter, et pourquoi pas à distance. 4. Concevoir l’école en réseau dans son territoire Il faut changer les établissements avec un management réel, une vie d’équipe, des projets, de l’interdisciplinarité. Avancer en confiance avec les collectivités locales, le tissu économique local, les associations éducatives, les parents. L’école en réseau, c’est une nouvelle alliance éducative. 5. Lancer un vaste plan de recherche pour comprendre les mutations du savoir et éclairer les politiques publiques Via une politique volontariste, 500 thèses nouvelles seraient lancées chaque année sur des sujets interdisciplinaires pour mieux décrypter les changements fondamentaux induits par la société numérique sur la transmission des savoirs et les méthodes d’apprentissage. Synthèse 6 6. Mettre en place un cadre de confiance pour l'innovation Toutes les parties prenantes (éditeurs scolaires, pure players du numérique, constructeurs, éditeurs logiciels, pôles de compétitivité) ont besoin de ce cadre pour innover et tester ensemble, avec les établissements et les collectivités locales. Il s'agit de partager des standards et de donner les cadres d’utilisation des données de l’éducation, de valoriser par l'indexation le référencement des ressources pédagogiques partagées, de privilégier des écosystèmes riches de services et de fonctionnalités pour stimuler le désir d'apprendre et de travailler en groupe, enfin d'encourager la co-création (living labs, expérimentations). 7. Profiter du dynamisme des startups françaises pour relancer notre soft power L’éducation numérique, c’est aussi un nouveau champ de l’économie, l’Ed- tech. L’économie numérique a commencé à réorganiser l’éducation de l’extérieur avec des initiatives disruptives comme l'école 42 , les Moocs, la Khan Academy. Des méthodes d’apprentissage innovantes fondées sur des technologies émergent (adaptive learning, data driven education, …). Il faut maintenant en tirer les conséquences et accepter la confrontation avec ces nouvelles dynamiques pédagogiques. Cela conditionne une présence de la culture française dans l’espace numérique de la formation au 21e siècle. 8. Ecouter les professeurs pour construire ensemble l'école de la société numérique Aujourd’hui on achète des équipements et on demande aux professeurs de s’y adapter. Pour développer le numérique scolaire, il faut changer de méthode, rompre avec la logique de l’offre et de l’assignation, étudier avec les professeurs leurs besoins réels, pour qu’ils travaillent avec aisance et conservent le temps de la relation avec les élèves. Notre éducation, notre école, sont embarquées dans la transition numérique. Ce chantier, vaste et complexe, il nous incombe de le conduire collectivement. C’est pourquoi ce rapport est remis à tous ceux qui souhaitent « bâtir l’école créative et juste dans un monde numérique ». 

http://www.cnnumerique.fr/wp-content/uploads/2014/10/Rapport_CNNum_Education_oct14.pdf

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