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Le ternaire

masque  Valabregue Antoine — 11/08/2013

Georges Dumézil, major de Normale Sup,  enseignant quasi 20 ans au collège de France sur une chaire créée pour lui, parlant trente langues ; en comparant différentes civilisations indo européennes, a observé qu’il y avait toujours trois fonctions qui étaient vénérées, une fonction sacrée, une fonction guerrière, et une fonction de production et de reproduction, que ce soit dans la Rome antique, au moyen âge, dans les mythologies du  Nord ou du sud, ou en Inde. Ses travaux ont inspiré des gens comme Foucault et Duby. Il a aussi puisé ses inspirations auprès du sinologue Granet et de Marcel Mauss aussi.  Il est reçu à l’Académie française par Claude Levy Strauss. C’est en 1938 qu’il échafaude la tri fonctionnalité.

 Quasiment au moment où naît Elisabeth  Meichelbeck  (1936-1993) qui fonde en 1978 l’ IRC (Institut de Recherche sur la Communication) et peu après les éditions Sophon et qui a travaillé avec un groupe de gens, pendant les années 80 à une généralisation de cette tri fonctionnalité.

L’intérêt de cette généralisation est qu’elle se décline à « l’infini », si l’on peut dire, comme nous allons tenter de le montrer, et permet  ainsi de décrire la réalité d’une façon fine et consistante.

 

Ce qui est proposé dans le cadre de cet article c’est une certaine forme aboutie des recherches.


Au départ, elle a eu un rêve ou elle voyait que  dans chaque réalité, il y avait un aspect dit concret, un autre dit conceptuel et  un dernier dit sensible. Cette trilogie en acte dans la devise de la République par exemple (égalité, liberté, fraternité) et dans un nombre incalculables de situations et d’autres civilisations  (Techne Sophon Poesis, le Réel, l’imaginaire et le Symbolique de Lacan) a intrigué et elle a conduit aux formalisations suivantes :

 

  1. L’aspect conceptuel des choses est le résultat d’une première binarisation entre ce qu’on inclue et ce qu’on exclue, ce que l’on considère comme faisant partie du domaine d’étude ou pas. Cette première binarisation définit un intérieur et un extérieur  tout comme la première cellule et donc permet  le déploiement d’une singularité.
  2. L’aspect concret des choses est le résultat d’une seconde binarisation entre le visible et l’invisible, le perceptible et l’imperceptible.

  3. l’aspect sensible des choses est le résultat d’une troisième binarisation entre le néguentropique et l’entropique (ce qui va  naître et ce qui va mourir), ce qui croît et décroit en quelque sorte.

Chacun de ses aspects sont de plus structurés par des échelles de temps différentes que nous nommerons le long terme, le moyen terme et le court terme.

Le long terme est  ainsi lié à durée de la rotation de l’axe des pôles soit 25860 ans qui est quasi identique à ce qu’on appelle la grande année 25920 ans. Les recherches dont nous rendrons compte dans une deuxième fiche montre que cette durée est pertinente pour observer des cyclicités étonnantes. Cyclicités qui ont été l’objet de recherches de philosophes depuis toujours. Contentons nous d’en donner ici un aperçu. C’est ce qui a permis à Elisabeth Meichelbeck de proposer une prospective du 21 ème siècle au sein du rapport de Thierry Gaudin sur ce même siècle.  Cette perspective s’inscrit dans un repérage du début de la modernité en 1363 (invention de l’imprimerie) à travers des cycles de 180 ans (1/12 de 2160 ans), cycles qui nous amènent à 1903 (1363 + 3*180).  Chaque cycle lui même alternant des périodes de croissance visible, de croissance invisible, de décroissance visible et de décroissance invisible.  C’est ce repérage qui par analogie avec 1453 la chute de Constantinople a permis de « prévoir » la chute du communisme ( 1993 = 1453 + 3*180).

Le moyen terme est lié à la rotation de la terre autour du soleil qui alterne les périodes où la durée du jour croît et celles où la durée du jour décroît.

Le court terme est lié aux alternances jour et nuit.

Notre rapport au  concret tangible serait donc secrètement lié à la rotation de la terre autour d’elle même, en structurant ainsi notre esprit par une binarisation du type oui ou non, qui est à la base du vrai ou faux  et des logiques de la connaissance.
Notre rapport au sensible serait liée aux saisons et à notre capacité à percevoir que quelque chose croit ou décroit (mathématiquement on dirait que c’est une fonction dérivée première) ce qui structurerait notre principe de plaisir déplaisir. Aujourd’hui la biologie l’interprète en termes d’activation ou  d’inhibition, ce qui a été à la base de notre perception du bien et du mal. Le bien est secrètement ce qui grandit. C’est pour cela d’ailleurs qu’il est difficile de sortir du rêve de croissance qui est une fonction de protection de notre angoisse de mort.

Notre rapport au conceptuel serait lié à des échelles de temps si vastes que nous en pouvons que décrire leurs effets. D’une façon plus prosaïque cela  structurerait notre rapport au beau et au laid, sans doute au souhaitable ou non souhaitable.

 

Mais les choses ne s’arrêtent pas là. La vrai découverte est le côté « fractalisable » de ces principes.
L’aspect concret comporte lui-même trois pôles : un pôle conceptuel, un pôle sensible et un pôle concret.

Nommé respectivement le conceptuel du concret, le sensible du concret et le concret du concret. Et schématisé de  façon à rendre compte des binarisations (cfs dessin à venir).

 

1/3- Le conceptuel du concret, nous l’avons  nommé l’aspect méthodologique des choses, dans le sens ou c’est un process du visible.

2/3- Le sensible du concret, c’est ce qui nous fait réagir aux situations, c’est le feedback émotionnel et aussi  tout ce qui touche à l’imaginaire.

3/3 -Le concret du concret, c’est ce qui est vraiment inscrit dans la situation, ce sont les contraintes,  (pour donner un exemple de la « fractalisation » à l’échelon inférieur : le sensible du concret du concret ce sont les pulsions).

 

3/2- Le concret du sensible, ce sont les stratégies, les façons de faire plus ou moins conscientes que nous mettons en place.

1/2-Le conceptuel du sensible se sont les valeurs que nous accordons aux choses.

2/2 -Le sensible du sensible, désigne la force vitale, le niveau d’implication et de motivation qui est inscrit dans chaque situation.

 

3/1 -Le concret du conceptuel, ce sont les structures sous jacentes à la situation, les fondements, il inclue par exemple le temps. Si nous prenons l’exemple d’une maison le concret du conceptuel c’est ce qui fait qu’on peut identifier que c’est une maison et pas une tente. (au minimum des murs (suffisamment rigides pour résister au vent, un toit  pour protéger de la pluie…et une entrée -souvent ce troisième point est « oublié » quand on pose la question à un groupe « qu’est-ce que c’est la structure d’une maison ?)

2/1- Le sensible du  conceptuel, ce sont les symboles et codes en actes dans la situation.

1/1- Le conceptuel du conceptuel, a à voir avec la cohérence d’ensemble de la chose.

 

 

Cette « fractalisation » en 9 se retrouve dans l’Enéagramme par exemple (topologie assez fine du psychisme)

Une déclinaison en 27, donne les 27 lettres hébraiques, ( 22 +5 finales)  ou 27 conjugaisons possibles comme articulation entre passé présent et futur, là aussi toutes ne sont plus utilisées).

Une tentative a été faite en 81 pour décrire des fonctionnalités envisageables à l’échelle d’un pays.

 

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