L'universel, c'est le local moins les murs.

Miguel Torga

idées

société

humanités

sciences

être

moteur de recherche

éditorial

agenda

Photo choisie au hasard

lettre d'info

contact

à propos

à l'école du possible

enjeux

connaissances

possible en actes

Imprimer cet article

Sortir du nucléaire : solutions au banc d'essai

masque  Pasquet Jean Marc in nuovo ideo (cité par à l'école du possible) — 22/11/2011

La France a désavoué son ambition initiale, de sécurisation et de diversification de ses ressources énergétiques, inscrite dans les statuts d’EDF. (pour accéder à la démonstration : cliquer)

Elle est passée à côté de la grande vague de la réorganisation des filières énergétiques à l’échelon européen, en délaissant la société civile, en prenant du retard sur des projets portés par l’initiative privée tout en faisant preuve d’une déconcertante passivité de sapolitique industrielle

Le débat tel que nous le connaissons aujourd’hui dans le paysage politique français est alimenté par des demi-vérités du lobbye nucléaire, déstabilisé par Fukushima, une ressource d’uranium en extinction, des débouchés incertains  et une pyramide des âges de la filière marquée par des départs massifs en retraite des effectifs à horizon de dix ans.

C’est donc une filière menacée qui tente d’imposer les termes d’une conversion nécessaire y compris sur les questions stratégiques du transport et de la distribution électrique notamment sur l’enjeu de la précarité énergétique. Novo Ideo propose dans cette perspective une refonte de l’actionnariat de RTE et une réforme de sa gouvernance intégrant notamment les territoires. Nous baissons la tête devant cette opportunité historique de refonder notre pacte social autour de la question de l’énergie.

Jusqu’à quand ?

 

Propositions

  • Se fixer un objectif de politique publique et quelques "cibles" : ne pas se disperser, priorité aux effets massifs à l’échelle d’une génération
  • Définir les outils de la politique publique en rapport avec les objectifs : priorité sur l’efficacité énergétique+isolation+systèmes de chauffage performants avec un axe particulier sur le résidentiel et le tertiaire
  • Systématisation du "tiers investisseur", du paiement de l’avance des travaux par crédit à taux zéro sur le résidentiel et le tertiaire (objectif : zéro prélèvement sur la trésorerie des ménages)
  • Opter pour une politique industrielle volontariste pour muscler notamment des opérateurs performants sur le solaire et l’éolien de masse, de la régie aux acteurs européens
  • Sécuriser et diversifier l’approvisionnement : réformer l’actionnariat et la gouvernance de RTE pour renforcer les coopérations

si vous voulez lire les fondements des conclusions merci de vous connecter sur le site

Commentaire(s)

rseau richesses, le 22/11/2011 10:17:04

Remonter le fil de la pensée unique pour en dévoiler les causes

inavouables: tel était le but de la rencontre « Les Think Tanks, source

d’expertise ou influence ? » organisée par l’association Adéquations le 15

novembre 2011 à l’Assemblée nationale. Ce débat s’inscrivait dans le cadre

d’un cycle de quatre séminaires intitulé « Le développement soutenable

est-il soluble dans le lobbying, les conflits d’intérêts, les expertises

biaisées ? » à quelques mois de la Conférence internationale de Rio+20.

Auteurs du livre « Un pouvoir sous influence – Quand les think tanks

confisquent la démocratie », paru aux éditions Armand Colin en octobre

2011, Roger Lenglet et Olivier Vilain ont partagé avec les participant-es

leurs travaux d’investigation sur la réalité des think tanks, instituts et

autres fondations politiques apparues en France dans les années 2000 (et

près d’un quart de siècle auparavant en Angleterre et aux Etats-Unis).

Les think tanks sont défiscalisés à 66 R0quand ils sont reconnus d’utilité

publique et, dans leur grande majorité, ils sont financés par les

entreprises du CAC 40 et des agences de lobbying. Leurs rapports et

réflexions influencent fortement les décideurs politiques, qu’ils soient

UMP ou PS, alors que leur contenu est très similaire. « Les nuances sont

savamment entretenues, mais ils sont d’accord sur l’essentiel, à savoir

une orientation économique néolibérale » a résumé la journaliste

indépendante et productrice de l’émission « liberté sur paroles » sur

Aligre FM, Eugénie Barbezat, qui animait les débats.

« Capture du débat public », « industrialisation des idées », «

prêt-à-porter de la pensée » : Roger Lenglet et Olivier Vilain n’ont pas

mâché leurs mots pour dénoncer les procédés des think tanks qui, sous

couvert de se présenter comme des « contre-pouvoirs », visent à la

fabrication d’un consensus international, européen et national protégeant

les intérêts des multinationales sur des thématiques aussi sensibles que

le chômage, le droit du travail, les retraites, le système de santé, le

logement ou la place de l’État, dans la perspective de privatiser les

services publics…

Etude de cas : la dette. On assiste aujourd’hui à une véritable stratégie

de manipulation de l’opinion publique, afin d’imposer ce thème comme celui

qui conditionne tous les autres problèmes. La dette est ainsi présentée

comme l’indiscutable évidence qu’il faut réduire drastiquement les

dépenses publiques. Non seulement ce discours consensuel se garde bien de

pointer les véritables acteurs du déficit public, mais il présente toute

vision alternative comme irresponsable. « Il s’agit d’une véritable

entreprise de guerre, a alerté Roger Lenglet, visant à détricoter le

programme que le Conseil national de la Résistance a mis en œuvre après la

guerre : un système de protection sociale fondé sur la solidarité et la

justice, l’égal accès de tous à des soins de qualité quels que soient les

revenus, la non lucrativité des services publics, une retraite par

répartition, l’indemnisation du chômage, la liberté de grève, la

limitation de la durée quotidienne du travail, etc. »

D’une manière générale, en effet, les think tanks se sont développés dans

le cadre de la remobilisation, à partir des années 50, de la pensée

libérale et de l’organisation des grands « capitaines » d’industrie

capitaliste pour contrer l’Etat keynésien.

Autre exemple de dispositif garantissant l’intérêt général ciblé : le

principe de précaution, dans le collimateur des think tanks depuis

quelques années, surtout depuis qu’il a été constitutionnalisé en France

avec la Charte de l’environnement. Le principe de précaution, institué

depuis la Conférence de Rio en 1992, renforce la responsabilité des

industries et fournit un argument juridique aux victimes, en cas de

procès. De nombreux think tanks ont pour objectif d’obtenir sa

suppression, notamment par une désinformation sur la définition même de ce

principe, l’accusant de mettre en péril la recherche, de freiner notre

économie et de miner « la libération de la croissance », opposant sans

cesse « innovation » et

« précaution » etc.

Alors que les lobbies et agences de lobbying n’ont pas toujours bonne

presse, les think tanks en revanche sont valorisés – et valorisants pour

ceux qui s’inspirent de leur production – car ils s’appuient sur des

leaders d’opinions, journalistes, universitaires, experts auto-proclamés

en tout genre, souvent appointés par des grands groupes financiers ou

cédant à des promesses de pouvoir. En réalité agences de lobbying et think

tanks participent d’une même sphère de l’influence : ainsi certaines

agences proposent précisément à leurs clients de créer un think tank ad

hoc ou d’engager un partenariat avec un think tank existant…

Les propositions de réformes ou les avis des think tanks sont de plus en

plus cités dans les medias, et, d’après l’enquête faite par les auteurs,

les parlementaires mentionnent désormais sans cesse les travaux de think

tanks, en séance ou dans leurs rapports, dévoilant l’origine de leurs

interventions. Ces rapports produits par des think tanks qui se plagient

les uns les autres frappent généralement pourtant par leur médiocrité et

la « novlangue » qu’ils propagent prête bien souvent à rire. L’exemple a

été cité de l’expression « nutrigalette » ou de « matière valorisées

agronomiquement » pour désigner les « boues toxiques ». Ce qui n’est pas

sans rappeler le terme d’« usage contrôlé de l’amiante » pour « maintien

du commerce de l’amiante » dans les pays qui n’ont toujours pas interdit

ce commerce.

Pourquoi si peu de lucidité des élus ? ont questionné les participant-es à

ce séminaire. Là encore, la réponse des auteurs de « Un pouvoir sous

influence – Quand les think tanks confisquent la démocratie » est

décapante: parce que tout à leur entreprise de communication, la plupart

des politiques consacrent aujourd’hui davantage de temps à leurs

prestations médiatiques qu’à consulter experts indépendants, associations

à but non lucratif et syndicalistes de terrain. « Pourquoi les décideurs

politiques républicains ne dénoncent-ils pas la perte du contrôle de la

décision publique ? » déplore Olivier Vilain. Par exemple, pourquoi ne pas

interroger la légitimité des rencontres ultra confidentielles du club

Bilderberg, un think tank international très puissant qui rassemble

personnalités politiques, industriels, banquiers et rédacteurs en chef de

la grande presse ?

Face à cette « délocalisation du cerveau des politiques », permise et

encouragée par la délégation du travail législatif au secteur privé, les

auteurs proposent de limiter et d’encadrer les think tanks par une loi.

Pour enrayer cette confiscation de la démocratie, ils appellent le

législateur à soutenir par des financements publics les recherches souvent

très pointues et les propositions des réseaux d’expertise associative et

citoyenne, vrais contre-pouvoirs qui échappent au financement des

entreprises. Ils demandent également qu’une transparence totale des

comptes et des « parrainages » soient imposée aux think tanks.

Yveline Nicolas, coordinatrice d’Adéquations, a rappelé également une

caractéristique peu soulignée des think tanks : leur composition très

majoritairement masculine. Elle a cité les interventions des féministes du

groupe d’action La Barbe, qui portant pour l’occasion une barbe postiche,

s’invitent régulièrement dans les manifestations de think tanks pour les

« féliciter » de leur absence de parité et de l’acharnement dont ils

témoignent à accaparer le pouvoir. Ainsi, en 2010, les intervenants du

« Premier Forum annuel des Think tanks », étaient presque tous des hommes

(6 femmes sur 25 intervenants). Yveline Nicolas note que le 2ème Forum du

19 novembre 2011 qui rassemble 23 think tanks ne voit guère de

progression: « Sur 29 intervenants, 8 femmes (mais dont 3 sont là pour

animer des tables rondes)».

Enfin, les participant-es ont échangé sur différentes initiatives

intéressantes :

- le livre de Séverine Tessier et François Gargan « Corruption, Stop ou

encore ? Manifeste pour l’action citoyenne » ;

- les Prix Pinocchio du développement durable décernés par les Amis de la

Terre pour illustrer et dénoncer les impacts négatifs de certaines

entreprises françaises, en totale contradiction avec le concept de

développement durable qu'elles utilisent abondamment ;

- la campagne « Pour le droit à la souveraineté alimentaire, Non aux

royalties sur les semences paysanne » ;

- la rubrique « Comment évolue la démocratie en France, veille sur les

évolutions institutionnelles et juridiques » sur le site d'Adéquations

http://www.adequations.org/spip.php?article1537

- Au niveau européen, la coalition citoyenne Alter EU lance une campagne

contre le « pantouflage » de fonctionnaires et responsables des

institutions européennes qui aussitôt leurs fonctions quittées sont

embauchés dans des cabinets de lobbying et industries, qui profitent ainsi

de leurs réseaux et informations.

http://www.adequations.org/

Ponthieu, le 24/11/2011 17:32:16

Comment fait-on pour muscler de oliennes de masse et faire du volontarisme solaire? Peut-tre que le rchauffement climatique va y contribuer?