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Présupposés chinois et présupposés possibles «occidentaux » à la base d'une société coopérative.

masque  Valabregue Antoine — 21/10/2011

Les chinois  de tradition fonctionnent à partir de principes simples que Cyrille Javary  exprime dans «  le discours de la tortue » et que nous résumons :

  1. Il n’y a pas de  loi universelle, à part tout change avec le temps, les chinois indiquent ce changement par un idéogramme désignant le soleil et la pluie. Pour eux le changement devient un allié quand on en connaît le rythme
  2. L’occident Indo Européen imagine l’harmonisation comme une fusion, en Chine c’est l’inter-relation du yin et du yang. Le réel est un processus d’actualisation découlant de l’interaction en jeu. Le Yin et le Yang sont des repères dans le battement continuel du changement. Au niveau des idéogrammes, ils ont une partie commune, ils sont deux aspects d’une même réalité ; Le yang est une invitation à sortir, le yin une invitation à rentrer. Une combinatoire simple donne les 4 saisons : plein yin, plein yang, etc.. Yin et yang sont des orientations, des injonctions
  3. La voie à suivre, le dao, pose la question du cheminement, des façons de faire, des manières, les méthodes, c’est-à-dire les conduites appropriées selon les circonstances. C’est le fonctionnement des choses.
  4. Pour trouver la voie il faut s’engager, c’est-à-dire savoir coupler un agir avec un le bon moment (symbolisé par le tir à l’arc. La flèche était considérée comme bien si elle arrivait au centre au moment ou un gong résonnait). L’attitude juste est symbolisée par l’hexagramme représentant la confiance (61), c’est-à-dire le sentiment profond de tenir sa vraie place, provenant d’un cœur vide de préjugés. La confiance est la force qui permet d’harmoniser l’agir et l’instant. Si la situation l’exige, l’attitude juste peut être hors normes
  5. C’est le discernement qui permet de se diriger pour atteindre son but. Le discernement s’exerce dès premier indice. Il s’agit de reconnaître ce qui est de l’ordre de la fluidité et de l’ordre du bouchon.
  6. Enfin il s’agit de distinguer entre ce qui s’ouvre et se ferme, anticiper ce qui n’est pas encore, c’est la prédiction du futur. Le devin est le divin. Si le futur est imprévisible, l’avenir ne se manifeste pas de façon erratique. Le temps dans quinze jours est imprévisible, mais le temps dans six mois l’est beaucoup plus.

 

Je me suis amusé à élaborer 6 principes que pourrait adopter un occident coopératif permettant de naviguer quelle que soit la météo locale :

1. Il n’y a aucune règle qui s’applique dans toutes les circonstances de la  même façon.

2. Il y a néanmoins trois présupposés qu’il est difficile de contester :

a. Nous sommes tous différents ( merci de se souvenir que s’il y a 97 pour cent de chromosomes communs entre la mouche et l’homme, « ça ne dialogue pas forcément bien »), et donc le malentendu est la base de l’échange humain. Il est question de le dissiper ou de pas s’en faire une maladie.

  1. La vie a inventé le principe de la mort et donc de la fin de toute chose.  Il semble plus intelligent de dissiper tout ce qui nous conduirait à ne pas bien accepter cette loi.
  2. Des processus inconscients guident la plupart de nos actions, ils reflètent les ancrages profonds que nous avons.

3. Des relations plus appropriées passent par des décodages de  comment nous réagissons face aux trois présupposés précédents ; non pas d’un point de vue narcissique, mais pour mieux évaluer ce que l’on est, et ce que l’on fait.

4. L’implication  (la plus juste envisageable) n’est possible que si l’on a confiance dans  ce qui va arriver, lucidité pour examiner ce qu’il advient, envie de prendre des risques pour découvrir des nouvelles pistes et faire ainsi la paix avec les inévitables incertitudes  et déceptions qui jalonneront notre route.

5. La recherche de ce qui semble opportun, bien pour soi, est donc une affaire personnelle qui ne peut être sous-traitée par quiconque (Même si faire appel à au moins un autre pour mieux s’impliquer est envisageable) il suffit d’être capable d’en supporter les conséquences.

6. Les formes d’organisations collectives qui peuvent exister devraient faciliter, pour tous, la meilleure appropriation des  réponses à apporter aux désajustements permanents qui sont la marque de la vie.

 

 

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