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« La mythologie, c'est une vision de soi face au monde »

masque  Vernant Jean-Pierre (cité par à l'école du possible) — 16/10/2007

"Pour être soi, il faut se projeter vers ce qui est étranger, se prolonger dans et par lui. Demeurer enclos dans son identité, c'est se perdre et cesser d'être. On se connaît, on se construit par le contact, l'échange, le commerce avec l'autre. Entre les rives du même et de l'autre, l'homme est un pont. "

Cette belle Phrase de Jean Pierre Vernant nous touche fort…

Vernant était un être exceptionnel, un résistant qui comme tous les grands résistants parlait peu. Il avait été au côté de Ravanel pour libérer Toulouse.

Il a révolutionné l'étude de la civilisation grecque. Depuis son premier livre, Les Origines de la pensée grecque (1962), Jean-Pierre Vernant a proposé les analyses les plus novatrices des mythes grecs, dans la lignée de Dumézil et de Lévi-Strauss. Ardent défenseur de l'enseignement du grec, grand érudit, il est aussi un merveilleux passeur : son dernier ouvrage, L'Univers, les dieux, les hommes est traduit en 32 langues

Ecoutons le :

"Au palais, en ville, le pied d'olivier installé au cœur de la maison dans la terre d'Ithaque, dans le jardin, à la campagne, toute cette végétation continûment entretenue, voilà qui fait le lien entre le passé et le présent. Les arbres plantés jadis ont grandi. Comme des témoins véridiques, ils marquent la continuité entre le temps où Ulysse était un petit garçon et le temps où, maintenant, il est au seuil de la vieillesse. En écoutant cette histoire, ne faisons-nous pas la même chose, ne relions-nous pas le passé, le départ d'Ulysse, au présent de son retour ? Nous tissons ensemble sa séparation et ses retrouvailles avec Pénélope. D'une certaine façon, le temps par la mémoire est aboli, alors même qu'il est retracé au fil de la narration. Aboli et représenté parce qu'Ulysse lui-même n'a cessé de garder en mémoire le souvenir de l'Ulysse de sa jeunesse. "

Pour lui :

"La mythologie, c'est une vision de soi face au monde…

L'approche du mythe est très différente de celle à laquelle notre civilisation nous a habitués : elle marque une prise de distance par rapport à ce qui, aujourd'hui, nous semble évident. Comment penser la mort, par exemple ? Pour nous, la mort est l'impensable, d'autant plus impensable que notre culture a forgé l'idée que chaque être est singulier et irremplaçable. Il y a un âge, vers 7 ou 8 ans, où les enfants se posent cette question. La mythologie sert à présenter ce problème et à lui apporter une réponse possible, mais sous la forme d'une belle histoire, beaucoup plus marquante qu'une théorie. La mythologie propose donc une stratégie à l'égard de la mort. Elle propose une façon de se voir soi-même dans le monde."

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