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Le pouvoir d’écoute du souffle sur le brin d’herbe.

masque  Valabregue Antoine — 05/09/2008

« Les voyages forment la jeunesse », affirme un dicton. Ils donnent à voir du différent. Plus le différent est important, plus la conscience peut s’enrichir.
Ceux qui se déplacent toujours dans les mêmes lieux aseptisés ne s’en rendent même pas compte.

Les voyages peuvent se faire aussi au pays de l’intérieur.

Les voyages sont pour moi des détours qui rendent plus incisifs le traitement des problèmes de notre époque. Epoque qui a beaucoup de mal à investir sur du long terme et croit pouvoir avancer avec des mesures à courte vue.

Ainsi cet été : voyage à travers l’espace (à l’autre bout du monde dans des peuplades qui gardent des traces de l’époque avant l’écriture, mais aussi à l’université d’été de l’Espace des possibles). Voyage à travers le temps par l’intermédiaire de penseurs comme Hume, Gusdorf et Baudrillard (nous vous envoyons sur une analyse détaillée tout à fait pertinente du livre « l’échange symbolique et la mort » de Michel Drac).

  • Pour Baudrillard, nous sommes parvenus dans un monde ou rien n’est gratuit. Il y a confiscation par le système du don sans échange. Le système dominant est articulé sur un principe de simulacre qui rend vaine toute révolte. La seule façon de défier le système est de proposer un don auquel il ne puisse répondre. Baudrillard propose la mort, don de sa propre vie. Les sociétés primitives étaient celles de la mort instantanée tandis que les sociétés de l’économie politique sont celles de la mort différée. Le pouvoir du maître est devenu celui de laisser la vie à celui qui redoute la mort. Une vie que l’on ne peut rendre.
  • Hume commence son traité de la nature humaine par cette remarque toujours d’actualité « toutes les perceptions de l’esprit humain se ramènent à deux espèces distinctes que j’appellerai impressions et idées. La différence entre elles se trouve dans le degré de force et de vivacité avec lequel elles frappent l’esprit et se frayent un chemin dans notre pensée ou notre conscience ». Puis il part à la recherche des idées et impressions de base pour élaborer une typologie de l’entendement humain. Typologie dont ce site essaie de rendre compte.
  • Gusdorf, quant à lui, dans « Mythe et métaphysique » nous fait voyager pour mieux saisir ce que nous avons à prendre des sociétés primitives.« Si le mythe est une intelligibilité donnée , le savoir est une intelligibilité cherchée ». Et il est impossible de mener à bien une connaissance sans aucun présupposé. Chaque philosophe tente de dévoiler des principes élémentaires « traduisant la justification que se donne la personne de sa place dans le monde et de son accord avec l’univers ».

Si la première période de l’histoire humaine a accordé la prééminence au corps et la seconde à l’écriture pour aboutir à l’hégémonie du mode de vie occidental sur la planète, on sent confusément que nous sommes entrés dans une troisième période matérialisée par tout se qui se développe autour du Web. Mais il me paraît tôt encore pour la caractériser (bio information peut être ?)

Les formes de pouvoir dominant ont aussi évolué avec le temps. Pouvoir des chamans, pouvoir des intellectuels et des financiers et aujourd’hui pouvoir des créateurs.

La voie de cette forme de pouvoir, je l’ai nommée « le pouvoir de ».

Le « pouvoir de » n’est ni une connaissance donnée ou cherchée, elle est une posture articulée au voisinage du « je ne sais pas ». C’est ainsi une intelligibilité émergente, sur un fond de fragilité, sur une Terra Incognita.

Il permet de faire émerger les ressources, les dispositifs d’évaluation et les risques ad hoc à un objectif élaboré. Ce fond est donc non formalisable, mais je me suis aperçu qu’on pouvait s’en approcher lorsqu’on se donnait les moyens d’être sensible au moindre détail sans être déstabilisé.

Comme si la sensibilité au détail que je comparerai au souffle du vent sur un brin d’herbe, créait un effet semblable au célèbre « effet papillon » (où un battement d’aile dans le pacifique d’un papillon peut, cinq jours après, provoquer une tempête dans l’hémisphère Nord.). Semblable mais différent, en ce sens qu’il permettrait une transmutation profonde d’une situation.
On songe à la caresse de Levinas.

Toute mon expérience prouve qu’une évolution de situation se fait toujours sur un fond de réceptivité de et à l’autre.

Le « pouvoir de » est ainsi une ouverture à la vision de Baudrillard. Il est une prolongation de la perception de Hume.

Il est un écho aux préoccupations d’un Gusdorf.

Il est une voie reconstituant du sens en connectant la raison aux instincts et constitue ainsi une pièce essentielle du ré-enchantement du monde.

Commentaire(s)

Utilisateur Anonyme, le 07/09/2008 22:54:23

Amer savoir, celui qu'on tire du voyage !

Le monde, monotone et petit, aujourd'hui,

Hier, demain, toujours, nous fait voir notre image :

Une oasis d'horreur dans un désert d'ennui !