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La société du risque

masque  Beck Ulrich (cité par à l'école du possible) — 02/01/2005

Comment une logique de répartition des risques prend peu à peu la place d’une logique de répartition des richesses.

Qu’est ce que le possible, si ce n’est l’émergence d’une solution inattendue face à une situation considérée comme non déblocable.

A travers le débat politique concernant l’élection du sixième président de la cinquième république de la province française, on sent bien que les mutations que chacun perçoit ne parviennent pas à déboucher sur du résolutoire.

Et quelque part c’est tout à fait compréhensible.

Cela fait des décades qu’on est biberonné à une perception des niveaux de réalité stratifiée par la famille, l’état, le travail, le développement infini des forces productives, la répartition des richesses, le droit, etc. Et tout cela s’effondre sous nos pas comme des sables mouvants.

Ulrich Beck des 1986 avait, dans un livre majeur, « la société du risque », bien avant l’explosion d’Internet, décrit les contours de ce qui se jouait depuis l’explosion de Tchernobyl, qui se moquait des frontières.

D’une façon tout à fait indépendante, à peu près à la même époque, Elisabeth Meichelbeck, lien avait écrit un texte sur le goût du risque que ce site est fier d’avoir mis en ligne.

La thèse majeure de l’auteur est qu’une logique de répartition des risques prend peu à peu la place d’une logique de répartition des richesses. Les problèmes de répartition dus à la société de pénurie et les conflits qui y sont liés sont recouverts par les problèmes consécutifs aux risques induits par la science.

Notre société industrielle se déstabilise au moment où elle s’impose.

Les hommes sont libérés des certitudes et des modes d'existence de la société industrielle de façon analogue à l'époque où la Réforme a "rendu" l'individu à la société.

Notre démocratie parlementaire, structurée par les exigences de la société industrielle est mise à mal par la situation d’interconnexion des réseaux planétaires.

La famille, le travail, l’Etat, le droit, devront peu à peu remplacés par les relations fondées sur la présence absence, l’activité, les obligations et les devoirs.

Tout cela devra être préparé par une éducation à l’écoute et à la non jalousie. Pas d’écoute sans confiance en soi et lucidité sur les limites de ses actes. La non jalousie est sans doute beaucoup plus difficile à acquérir et suppose que le rapport à la survie ne recouvre pas toute la vie de l’individu.

J’ai été surpris de constater que cette idée forte était parfaitement comprise au sein d’une campagne profonde par un carrossier et un camionneur conscients des systèmes de production de richesse.

Chacun peut alors constater que les offres politiques faites dans ce sens sont inexistantes. Et d’une certaine façon les évolutions profondes se font ailleurs.

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