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L’espace de travail global du cerveau

masque  Dehaene et Naccache (cité par à l'école du possible) — 23/02/2005

Le modèle de l'espace de travail global conscient, développé par Stanislas Dehaene et Lionnel Naccache, postule l'existence de deux compartiments anatomiques et fonctionnels distincts au sein de l'architecture de notre cerveau :

Une multitude de petits circuits qui élaborent à tout moment des représentations mentales inconscientes, en parallèle les uns des autres. Et dans le même temps un réseau neuronal dont le contenu correspondrait à la représentation mentale à chaque instant de l'expérience consciente.

Les neurones de ce vaste réseau sont interconnectés entre eux de telle façon qu'à chaque instant une seule voix prévaut à chaque instant malgré la multiplicité des échanges.

A chaque instant mille représentations inconscientes sont aux portes de l'espace global. Au mieux un seul de ces possibles sera sélectionné.

On peut alors représenter les échanges de la façon suivante. Soit nous sommes trop pris par un processus qui nous tient et nous sommes sourds à des interventions extérieures, soit une brèche s'ouvre et un nouveau dialogue s'opère.

Les échanges qui se passent entre le réseau central et le processeur périphérique ont des durées de l'ordre de quelques dizaines de millième de seconde.

Le fait qu'une représentation inconsciente attire plus l'attention est sans doute très liée à deux facteurs

  • La notion de familiarité, un peu à l'image d'une écoute dans un brouhaha de foule qui devient brusquement sélective en entendant son prénom.
  • La pertinence de la représentation au niveau émotionnel, soit en signalant un danger ou en éveillant un souvenir marquant.

Enfin les "attentes" de notre espace de travail conscient orientent les prises de conscience vers certains contenus plutôt que d'autres.

Le flux conscient serait ainsi une succession d'états stables. Et non un changement continu- d'où le choix du mot quantique. Le contenu de notre espace de travail conscient serait constamment mis à jour plusieurs fois par seconde.

Dans la réalité ce modèle simplifié est évidement plus complexe.

Les neurones du réseau central ne sont pas uniformément comparables les uns aux autres.

Parmi les processeurs cérébraux il y a des spécialisations, notamment :

  • Stockage et accès aux anciennes représentations conscientes
  • Coloration émotionnelle de nos pensées conscientes ou inconscientes
  • Langage
  • Schéma corporel
  • Représentation du sens des concepts.

Le rôle des processus attentionnels descendants du réseau global ne se limite pas à amplifier une représentation consciente parmi d'autres, il coordonne l'activité des multiples processeurs spécialisés, connectés entre eux. (certain de ces processeurs participent plus que d'autres au réseau global, le cortex préfrontal, cingulaire antérieur mais aussi certaines parties du cortex pariétal et temporal et des noyaux thalamiques)

Le réseau central peut donc aussi faire circuler une représentation d'un processeur à un autre, pour donner naissance à de nouvelles représentations mentales.

Cela est à la base des processus d'apprentissages et d'automatisation.

Enfin l'activité du réseau est une propriété auto émergente du réseau de neurones créée. Il n'y pas de pilote caché au cœur du réseau qui prendrait les décisions.

Le contenu de notre conscience est identifiable à chaque instant à l'activité neuronale cohérente et temporellement stabilisée de l'espace de travail global.

Au bout du compte la notion de conscience, vise à rendre compte de deux choses : le je suis conscient et je suis conscient de quelque chose.

Etre conscient suppose de disposer d'un espace de travail "normal" alors que être conscient de quelque chose renvoie au fait que quelque chose apparaît issu d'un processeur périphérique.

On peut donc distinguer maintenant les maladies de l'état conscient et celles du contenu conscient.

Ce qui est certain aujourd'hui c'est que des activités aussi différentes que la soustraction, l'invention d'une nouvelle stratégie, la résolution d'un problème, l'apprentissage d'une nouvelle procédure ou le maintien en mémoire d'une information nouvelle mettent en lumière l'activation du noyau central de cet espace de travail à géométrie variable.

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