Il est plus difficile de casser les représentations que de casser un atome.
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Echanger sur nos erreurs, nos faiblesses

masque  Lefevre Jacques — 10/01/2005

Le Clemenceau,

Discussion au cours de laquelle la situation du Clemenceau est évoquée. Ce porte-avion désarmé doit être démantelé. Comme il contient beaucoup d’amiante, c’est un processus délicat. De ce fait il vient de faire un voyage aller inutile en Inde, et doit revenir en France.

Comme cela était évoqué, j’ai senti le besoin à un moment de dire que chacun, à notre échelle, nous avions eu nos propres « Clemenceau ». Et une personne s’est écriée, bien sûr, et que c’était bien de le dire.

Cette exclamation m’invite, m’incite à poursuivre la réflexion.

Evidemment que chacun vit des moments où il ne sait pas régler des problèmes, et le fait de manière incorrecte. Et bien souvent nous ne le voyons pas. Et c’est certainement encore plus difficile quand nous sommes plusieurs. Comment aborder les problèmes qui se posent à nous ? Comment trouver des solutions à une situation et voir que nous créons des « Clemenceau » à notre échelle ?

Que se passerait-il si nous savions dire nos « Clemenceau » ? Si nous savions dire ce que nous n’avons pas su faire ? Si nous savions le reconnaître ? Il faut d’abord commencer par soi-même, savoir se mettre en cause, et voir ce que je suis moi-même capable de créer comme erreurs.

Et puis ayant créé une situation « Clemenceau », que se passerait-il si je savais en parler avec les personnes qui sont concernées par les conséquences, et rechercher avec elles comment faire face à la situation nouvelle ainsi créée ? Et si j’ouvrais un dialogue très ouvert, où il soit possible de mettre vraiment à plat ce qui est, les faits ? Oui, que se passerait-il s’il était possible que les personnes impliquées analysent la situation sans s’accuser mutuellement, et en recherchant dans un premier temps quels sont les faits, avant de rechercher toute forme de solution ?

Cela veut dire que les personnes concernées, soit parce qu’elles sont à l’origine du « Clemenceau », soit comme subissant les conséquences, se mettent ensemble pour trouver comment faire pour remédier à la situation, avancer positivement.

Il me semble que nous serions alors dans un autre mode de vie dans la société. Que d’une part nous cesserions de montrer du doigt ceux qui n’ont pas su faire, et que d’autre part nous commencerions par régler ce qui nous concerne, qui est à notre portée, et où nous sommes vraiment acteurs. Je crois que l’état d’esprit qui en résulterait permettrait un regard plus serein de ce qui se passe, et la façon dont nous considérerions les erreurs des autres ne serait pas du tout la même.

En particulier les « Clemenceau » apparaîtraient plus facilement. De ce fait, ils seraient abordés plus vite, et traités plus clairement. Mais encore, lors de situations difficiles, avant de décider, nous serions plus enclins à dire nos craintes, et à parler avec d’autres pour trouver les risques et voir comment faire au mieux. Cela demande une grande tranquillité en soi, au fond de soi. Et le fait de reconnaître que chacun contribue à des « Clemenceau » est une étape importante pour trouver en soi cette paix qui va permettre d’oser parler de ce que l’on n’a pas su bien faire. Car je crois que la peur qui est en soi constitue le principal obstacle pour pouvoir vivre suivant ce mode qui pourtant pourrait conduire à tant de simplifications et de convivialité dans la vie.

Et puis il faut se dire que lorsque nous apprenons à entrer en relation de fond dans une telle circonstance, nous apprenons à communiquer à partir de ce qui vit en nous, et nous pourrons le faire alors de plus en plus pour échanger non pas seulement sur ce qui est difficile, mais sur nos réussites, nos aspirations, les questions que nous nous posons, le sens que nous donnons à ce que nous vivons, etc.

Ce que j’aimerais savoir, c’est si c’est perçu comme difficile d’oser reconnaître, voir, puis parler de ses « Clemenceau ».

Sommes-nous loin de pouvoir franchir cette étape ? Que faudrait-il ?

En particulier, personnellement je crois qu’au départ, il est nécessaire de faire un travail sur soi, pour trouver dans son intérieur l’équilibre qui permet de parler en paix de ce que l’on n’a pas su bien faire et qui a des conséquences négatives sur d’autres personnes. Comment faire pour apprendre à percevoir que l’important ne se tient pas dans les apparences extérieures, mais dans ce qui se passe en nous, dans l’intérieur, dans les signaux, sensations qui se propagent en nous, et qui vont ensuite nous conduire à des pensées et des réflexions ? Comment faire pour se connaître dans ses bases, dans sa profondeur ? Comment faire pour que nous nous mettions à entrer en relation avec les autres non dans les apparences, dans le brillant, mais dans le fond, dans l’essentiel ? Et puisque je disais que la peur était un élément central, comment apprendre à devenir plus familier avec elle, et plus généralement avec nos émotions, nos sentiments, savoir discerner entre eux, les écouter, en tirer avantage au lieu de les ignorer, ou d’en faire des freins ? Car nous ne sommes pas assez familiers avec ces « langages » intérieurs et ne savons pas intérieurement dialoguer avec eux, en nous-mêmes. Et puis comment rejoindre cette paix à l’intérieur de soi pour accueillir les émotions des autres, qui vont certainement être présentes dans de tels moments ? Comment pouvoir laisser la place pour qu’elles s’expriment, car elles font tout à fait partie de la situation et surtout des approches de la solution ? Comment savoir aisément communiquer à ce niveau là, en paix, Dans la sérénité ?

Voilà, dans un élan spontané ce qui me vient. J’aimerais qu’un dialogue s’installe sur un tel sujet. Ne serait-ce que pour, dans un premier temps, creuser cette approche, et ensuite pouvoir trouver une forme pour l’exprimer et avancer dans ce domaine.

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