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Du déterminisme

masque  Samson F (cité par à l'école du possible) — 15/01/2005

Considérons les assertions suivantes :

  • Tous les objets de l’univers sont composés des mêmes éléments, à savoir

des particules, atomiques (les éléments de la classification périodique)

elles-mêmes constituées d’éléments subatomiques : électrons, protons,

neutrons, bien connus du sens commun, qui se classent en fait en 3

catégories : quarks, leptons & photons (regroupant d’autres particules au

noms plus ou moins exotiques : boson, neutrino, muon, pion, kaon, …).

Ainsi toute matière est formée d’agrégats structurés de quarks entourés de

leptons, échangeant continuellement des photons.

  • Ces éléments, composant l’ensemble de la matière, sont régis par les

même lois physiques, principes dont l’homme a connaissance pour une

part (principe des forces gravitationnelle & électromagnétique, des

interactions nucléaires & faibles) & auquel il n’aura peut-être pas

intégralement accès, même dans un avenir lointain.

  • Concrètement ces principes fondamentaux de la matière régissent les

positions & vitesses de tous les éléments constitutifs de celle-ci, c'est-àdire

que ceux-ci n’ont pas de liberté d’action, en ce sens où ils sont

entièrement déterminés de par leur nature physique.

De ces postulats de base on peut déduire les réflexions suivantes :

  • Il existe des principes définissant l’évolution spatio-temporelle de l’univers.

En l’occurrence dès sa création (nous ne traiterons pas ici le problème de

la genèse & de l’avant big-bang) l’ensemble des éléments constitutifs de

l’univers a suivi une évolution déterministe. Cela n’implique pas que celle-

ci soit prévisible par l‘homme, puisque celui-ci n’a accès qu’à une partie de

la connaissance relative à ces lois.

  • En revanche cela sous-tend qu’à n’importe quel instant t la connaissance

des caractéristiques de la matière (position, vitesse, …) permet d’accéder

à la connaissance de tous les états, passés & à venir, de l’univers. Il

convient de répéter que l’enjeu n’est pas ici celui de l’accès de l’homme à

la connaissance de cet état, mais à l’existence de celui-ci

(mathématiquement on traduirait cela par l’expression bien connu : « il

existe une unique solution »)

  • Si l’on applique ce schéma aux objets terrestres on remarque par exemple

que lorsque l’on considère une roche, la détermination de la composition

subatomique des réseaux cristallins sous-jacents & de toute leur

caractéristiques physiques, conduit à une détermination absolue de

l’évolution future de celle-ci.

  • Incrémentons d’une étape ce raisonnement & appliquons le alors au règne

du vivant. Plaçons nous à la frontière de ce règne en considérant un virus,

celui-ci est constitué des mêmes particules que la matière inanimée, il suit

donc les mêmes lois évoquées précédemment : son évolution est donc

elle aussi entièrement déterminée… Procédons à une intégration en

envisageant une bactérie, appliquons lui le même raisonnement, de même

pour un insecte, … Il nous faut convenir que ces objets vivants sont

astreints aux mêmes processus physiques.

  • Le raisonnement peut, et doit, être poussé jusqu’à l’homme, qui n’a rien de

spécifique dans sa composition physique lui permettant d’y échapper. En

l’occurrence son cerveau est constitué de particules qui n’ont rien de

supranaturel, elles sont identiques en tout point à celles du reste de

l’univers. Les phénomènes subatomiques sont évidemment valables au

sein du cerveau, ces processus sont à la base des phénomènes

atomiques, & ainsi de suite, par inférence cela s’applique aux processus

moléculaires, subcellulaires, cellulaires. Dès lors les réseaux neuronaux

qui sont à la base de nos perceptions, de nos sensations, de nos pensées

sont également déterminés.

  • L’homme comme le reste de l’univers est totalement déterminé au niveau

microscopique, & en conséquence également au niveau macroscopique :

ses actions, physiques comme mentales sont déterminées…

Quelques aspects réflexifs face à cette insoutenable vérité :

  • Le déterminisme n’implique pas pour l’homme un quelconque

prévisionisme, il ne sera jamais question de pouvoir prédire les pensées

d’autrui.

  • La conséquence concrète de cette acceptation du déterminisme doit

passer par celle de l’illusion. Cela ne change rien dans « la vie de tous les

jours », simplement la conscience de vivre dans l’illusion d’une liberté

totale… au sein d’un déterminisme total.

  • Des solutions issues de la mécanique quantique permettent peut-être de

contrer ce déterminisme. Tout d’abord le principe d’incertitude

d’Heisenberg (on ne peut connaître avec certitude la position & la vitesse

d’une particule). Par ailleurs l’infiniment petit pose peut-être un problème

au déterminisme : si la matière est infiniment sécable, existe-t-il des lois

physiques s’appliquant ? Enfin les théories du chaos peuvent peut-être

également permettre une alternative.

En définitive le libre-arbitre n’a d’échappatoire que l’illusion, l’infini ou le chaos…

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